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avant-garde d’une douzaine de mille hommes. Il y en avait plus qu’il n’en fallait pour tenir ferme, sans un incident qui les perdit.

Voici ce qui arriva. Le 25 juillet, jour de notre attaque effectuée sur la droite par le général Lannes avec sa division, et sur la gauche par les généraux Lanusse, Destaing et Fugières, les soldats du 18e ayant voulu prendre une redoute d’assaut, furent repoussés. Les Turcs sortent aussitôt de la redoute pour les poursuivre ; deux demi-brigades sont même repoussées jusqu’au quartier-général ; mais les Turcs, au lieu de profiter de leur élan, s’arrêtent sur le champ de bataille pour couper les têtes de nos morts et de nos blessés, usage barbare qui procure au porteur de chaque tête un prix convenu.

L’officier de cavalerie (c’était l’adjudant-général Roize) qui commandait l’avant-garde de Murat, voyant ce qui se passait, propose aussitôt à Murat de saisir le moment de s’élancer dans la redoute, tandis que les Turcs, poursuivant notre infanterie, coupent la tête