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de nouveau sur le rivage de la mer, que nous suivîmes jusqu’à Jaffa, où nous arrivâmes le 25 mai.

On avait jeté à l’avance un pont sur la Gogia, dont l’embouchure dans la Méditerranée est au nord de la ville. Nous trouvâmes Jaffa délabrée, abandonnée de la plus grande partie de ses habitans, et encombrée de nos malades et de nos blessés qui avaient longé la côte ; ils remplissaient le port, les hôpitaux, et les rues voisines. Jamais je ne vis un spectacle plus déchirant, ni plus de zèle de la part des chirurgiens de l’armée. Elle campa dans les jardins, et la cavalerie prit position à une petite lieue de la ville pour observer les Naplousins et les Arabes réunis, qui n’avaient cessé de nous harceler. Ils eurent même l’audace de venir se mesurer avec notre cavalerie ; mais le général Murat les maltraita tellement, qu’il les fit bientôt rentrer dans leurs montagnes.

L’armée séjourna, le 26 et le 27 mai, à Jaffa. Ces deux jours furent employés à dis-