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l’Inde, ne pouvant en aucune manière soutenir une pareille concurrence, sera indubitablement anéanti. Donc la France sera seule, sous peu d’années, en possession du commerce de l’Inde et des bénéfices de ce même commerce. »

L’auteur n’oubliait qu’une chose, et qui devait être précisément la base de son projet : c’était de se rendre les maîtres de la mer et de n’avoir point à redouter les escadres anglaises ; car il n’était guère présumable que les Anglais restassent spectateurs tranquilles d’une pareille expédition.

Et ce fut pourtant ce plan sans base que le Directoire et le général Bonaparte adoptèrent.

L’auteur répondait d’une manière assez satisfaisante à toutes les autres objections ; mais il éludait la principale et la plus décisive. Il démontrait, par exemple, que nos soldats soutiendraient sans inconvénient la chaleur du climat de l’Égypte ; qu’il n’y avait pas lieu d’être inquiet sur les forces des beys