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revenez de votre erreur, la Porte est l’amie du véritable et bon Français. Si vous consentez à abandonner vos chefs, vous serez embarqués et conduits en France ; dans le cas contraire, une mort affreuse et des fers vous attendent. » Mais cet écrit ne fit aucune impression dans le camp : officiers et soldats étaient d’une fidélité inébranlable.

Le lendemain le général en chef, qui, bien malgré lui, crut devoir prendre enfin la résolution de lever le siége après soixante jours de tranchée ouverte, assembla un conseil de guerre, et consulta ses généraux. Voici quel fut l’avis du général Kléber : « Généraux, dit-il, je compare la ville d’Acre à une pièce de drap. Lorsque je vais chez le marchand pour l’acheter, je demande à la palper ; je la vois, je la touche, et si je la trouve trop chère, je la laisse. » On sent bien que ce fut l’avis de tout le conseil, que le général en chef n’avait assemblé que pour la forme. Le lendemain, il fit mettre à l’ordre