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résultats de cette journée furent d’autant plus affreux, qu’ils finirent par être marqués dans la tranchée même par un acte de désobéissance, d’indiscipline, et presque de révolte. Un bataillon refusant de renouveler l’assaut après tant de carnage, le général en chef présent s’obstina, et voulut le faire marcher en maltraitant les grenadiers, qu’il traita de lâches… Un peloton s’avança sur lui la baïonnette en avant ; mais aussitôt le général Lannes, qui portait encore les traces de sa blessure, couvrit de son corps le général en chef, dont il était l’ami, et, s’interposant entre lui et les mutins, sauva les uns et les autres par son attitude loyale et militaire. Sa noble conduite assoupit la fermentation que cet événement, concentré dans un petit espace, n’eût pas manqué d’occasioner dans le camp. L’état-major sentit la nécessité de ne point y donner suite, et de garder le silence.

Il fallut dès lors renoncer à s’emparer de Saint-Jean-d’Acre.