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la courtine que le général Lannes avait reçu une balle qui fut se cacher derrière l’oreille. Son extraction, faite avec habileté par le chirurgien en chef Larrey, termina sa guérison. Arrighi, aide-de-camp du général Berthier, reçut à la batterie de brèche une balle qui lui coupa la carotide, blessure qui fit craindre long-temps pour sa vie.

Le moral du soldat était frappé non-seulement par le spectacle douloureux de tant de morts et de blessés, mais encore par les symptômes et les ravages de la peste, qu’on ne pouvait plus lui cacher. Elle s’était d’abord manifestée, pendant notre marche en Syrie, à Cathiéh, à El-Arich et à Gaza ; mais elle se déclara tout-à-fait à Ramléh. La peste est endémique, non-seulement à Alexandrie, Rosette, Damiette et dans le reste de l’Égypte, mais encore sur la côte de Syrie. Pendant le siége de Jaffa plusieurs soldats, en apparence bien portans, périrent subitement de cette affreuse maladie. Le sac de la ville en développa avec bien plus d’intensité les germes.