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goudron, avec lesquels on illuminait les remparts pendant la nuit ; on en jetait aussi sur nos troupes.

Mais le général en chef, avec un acharnement incroyable, s’obstinait à vouloir s’emparer de Saint-Jean-d’Acre, malgré les pertes énormes que nous avions déjà faites. À compter de la mort du général Caffarelli Dufalgua, qui ne put survivre aux suites de l’amputation d’un bras, et qui laissa des regrets universels, les pertes s’étaient multipliées : du 8 au 10 mai on compta environ 2000 blessés ; il y en avait un grand nombre parmi les officiers les plus marquans. Le chef de brigade du génie Samson, frappé d’un coup de balle au doigt, échappa heureusement au tétanos. Duroc, premier aide-de-camp du général en chef, faillit périr d’une blessure énorme, faite à la cuisse droite, par un éclat de bombe. Une balle effleura l’orbite, et coupa la peau du front à l’aide-de-camp Beauharnais : deux lignes de plus, et il était mort. Ce fut à la face et devant la brèche de