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armée de secours ; un coup de canon se fait entendre derrière cette nuée d’ennemis ; nos troupes légères et un régiment de cavalerie s’élancent avec impétuosité, et à cet instant vingt mille cavaliers et fantassins, frappés de terreur, fuient en désordre par tous les débouchés ; s’entassent, s’entre-choquent et tombent sous le feu bien dirigé de nos soldats. Jamais on ne vit une défaite plus prompte et plus complète. Cette nuée d’ennemis ne trouva de salut que dans les défilés des montagnes opposées à notre marche. La nuit déroba les vaincus à nos soldats ; toutefois un détachement de cavalerie du général Murat atteignit une partie des fuyards au passage du Jourdain ; la plupart furent taillés en pièces et engloutis. Cette bataille si décisive ne donna guère qu’une centaine de blessés et quelques morts. Le général en chef, après avoir dirigé les troupes vers Saint-Jean-d’Acre, vint visiter le Montabor, au pied duquel s’était donnée la bataille qu’il nomma la bataille du Montabor. S’écartant ensuite