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rée par un fossé profond et rempli d’eau ; au milieu, on aperçoit le harem et les jardins du pacha, ainsi qu’une partie d’aqueduc qui conduit l’eau dans la ville. On voyait au premier aspect que la ville pouvait être protégée par les feux des bâtimens de guerre qui venaient s’ancrer sur ses deux flancs.

Nous remarquâmes aussi à une centaine de toises de la place, les ruines et les fossés de l’ancienne ville d’Acre ; ruines parsemées de débris d’architecture. Au nord, la ville était bornée par la mer, dont la séparait une crête d’inégale hauteur sur laquelle on fit camper l’armée ; cette crête se prolonge en pointe sur le chemin de l’ancienne Tyr, peu éloignée d’Acre, et dont on voit encore les ruines.

Les troupes du pacha occupant tous les jardins qui entouraient la ville, l’ordre de les attaquer et de les rejeter dans la place fut donné aussitôt et n’éprouva aucun obstacle dans l’exécution. La garnison se mit à l’abri derrière les remparts ; on crut d’abord que