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fatigues que las de tuer. Deux mille Musulmans avaient été passés au fil de l’épée sur les remparts, pendant l’assaut ou dans la ville ; le reste de la garnison, s’élevant à un égal nombre, s’était réfugié dans les mosquées. Ceux-ci mirent bas les armes et demandèrent quartier ; ils furent amenés devant le général en chef, qui était assis alors sur une petite pièce de campagne, devant la principale brèche ; il confia la garde des prisonniers à un fort détachement. Le pillage se prolongeant pendant la nuit, dans toutes les maisons, dans toutes les rues on n’entendait que des cris lamentables.

Le général en chef, ayant assemblé un conseil de guerre, exposa qu’il n’y avait pas de vivres pour l’armée, et qu’on ne pouvait substanter les 2000 hommes de la garnison, qui avaient mis bas les armes, ni les envoyer en Égypte, faute d’escorte ; qu’en les laissant à Jaffa, c’était laisser des ennemis sur les derrières de l’armée. Il prit sur lui, malgré plusieurs avis contraires, de donner l’ordre de