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vaient de guides ; beaucoup de nos chevaux traversaient à la nage, d’autres avaient de l’eau jusqu’au poitrail, quoique nous fussions protégés dans notre excursion par un banc de sable. Après plusieurs heures de marche sur des sables mouvans, par ce même lieu que la tradition désigne comme l’endroit où passa Moïse avec les Israélites pour échapper à l’armée de Pharaon, nous arrivâmes enfin aux sources, près des montagnes du Torn, et à peu de distance de la mer. Elles sont au nombre de cinq, et s’échappent en bouillonnant des sommets de petits monticules de sable. J’en trouvai l’eau potable, mais un peu saumâtre ; elle sert aux voyageurs et aux habitans de Suez, et nous vîmes encore les vestiges de l’aqueduc qui conduisait cette eau à des citernes creusées sur le bord du rivage, et destinées jadis à servir d’aiguade aux bâtimens qui visitaient cette partie de la mer Rouge. Le général en chef rappela lui-même à ses guides d’escorte le trait d’histoire sacrée relatif à cette célèbre fontaine.