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Mais voici quelques circonstances que ce chef nous fit connaître verbalement.

La caravane de Maroc, forte de 1000 hommes, bien armés de fusils, fit son retour par Jérusalem, par complaisance pour la caravane de Damas, qui était sans armes et sans escorte ; les pélerins de Maroc furent toujours à l’avant-garde.

Djezzar-Pacha envoya un courrier à leur chef avant même qu’il arrivât à Jérusalem. Il l’engageait à se rendre à Acre avec tous ses pélerins, lui promettant de lui donner des vaisseaux pour les transporter à Maroc, et de les faire escorter par les Anglais ; il ajoutait que, s’il ne voulait pas accepter ses offres et qu’il persistât à s’en retourner par le Caire, il y serait pillé et massacré par les Français. Le chef répondit que l’empereur de Maroc était resté en bonne amitié avec la France ; que la caravane avait été bien reçue par les Français, à son passage au Caire ; et que les pélerins étaient sûrs de retrouver le même accueil. La caravane se pressa davantage