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de maîtres barbares qui les maltraitent, ils peuvent les forcer à les revendre, et la loi les protège sur ce point.

Les mameloucks, qui depuis 1200 années au moins, sous le titre de sultan, ou sous ceux de kiaya, de beys ou de kia-chef, gouvernaient l’Égypte en maîtres absolus, et dont le règne n’a fini qu’à la bataille des Pyramides, étaient presque tous des enfans géorgiens, circassiens, alsazas, apportés au Caire sur des bâtimens venant de Constantinople, achetés d’abord par les hommes puissans, et ensuite affranchis et élevés par eux aux premières dignités. Ce que l’on appelle improprement en Égypte esclavage était presque toujours pour ceux dont nous venons de parler la route de la fortune.

Tel est sans doute le côté brillant sous lequel on peut envisager ce commerce de chair humaine, et le seul auquel nous voudrions pouvoir nous arrêter : mais lorsqu’on a parcouru les bazars où se fait ce trafic, lorsqu’on a vu les excès auxquels se livrent en-