Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/221

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un bal au Tivoli français d’Égypte. Soit que pour l’ornement du bal, ou pour tout autre motif, on se fût proposé d’y attirer avec les femmes des principaux négocians français du Caire, celles qui avaient suivi l’armée, et qu’on jugeait présentables, le fait est que le capitaine F*** fit l’imprudence de conduire sa jeune femme au bal de Tivoli. Le général en chef la remarqua beaucoup, et il s’en fit lui-même remarquer en ne cessant pas de jeter les yeux sur elle, et en lui faisant même quelques-unes de ces prévenances qui d’ordinaire séduisent et captivent les femmes quand elles partent d’un personnage éminent.

Le général en chef enflammé, et songeant aux moyens de posséder l’objet de ses désirs, se servit de son aide-de-camp Junot pour se ménager une première entrevue. Voici l’anecdote qu’on raconte à ce sujet : Junot fut chargé d’inviter madame F*** à déjeuner chez lui avec son mari. Elle arrive et trouve cinq couverts. Bientôt on entend les trompettes annoncer le général en chef, qui sur-