Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/216

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vant le général en chef, en robe de soie noire, vêtement affecté aux solliciteuses italiennes ; elle réclamait vingt-cinq chevaux appartenant à son mari, et qu’on lui avait enlevés dans le Parmesan ; elle les obtint en échangeant faveur pour faveur.

Ensuite vint exprès de Venise pour faire l’ornement de l’opéra de Vérone, une virtuose di canto, appelée Ricardi, qui était reçue à l’académie de Florence. Elle plut au général en chef, et le lendemain elle reçut de Duroc une voiture avec un attelage de six chevaux ; mais elle refusa un rouleau de cent louis qui lui fut aussi présenté. C’était une petite femme d’une vingtaine d’années, vive et résolue, s’habillant souvent en homme sur la scène. Joséphine, très-jalouse, et qui était alors à Milan, parvint à la faire éconduire.

Arriva de Gènes à Milan Mlle Campini, danseuse de dix-sept ans, qui passait pour une vierge, étant continuellement sous la garde de sa mère. Elle devait danser dans un ballet d’action et de caractère où elle rem-