Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/215

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mameloucks fugitifs était à notre disposition à un prix très-modéré ; mais, à vrai dire, ce n’étaient que de belles statues avec des formes peu gracieuses et peu séduisantes. Elles ne faisaient point l’ornement de nos fêtes, et n’auraient pu dans aucun cas suppléer au charme et à l’amabilité de nos Françaises sorties des rangs de la société. Celles-ci avaient été exclues de l’expédition avec une rigueur que peu d’entre elles étaient parvenues à éluder en changeant leurs habits de femme pour un costume d’homme ; mais celles qui s’étaient ainsi glissées au milieu de l’armée, étaient dévolues aux chefs de l’administration et aux généraux. Le général en chef lui-même n’était rien moins qu’insensible aux attraits du beau sexe ; c’est ce qu’on va voir dans l’épisode que je vais consacrer à ses amours en Italie et en Égypte :

Avant la prise de Mantoue, la marquise de Bianchi, dame d’une grande beauté, âgée de dix-huit à dix-neuf ans, se présenta de-