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bord investies et pillées. La première victime du soulèvement fut le général Dupuis, commandant de la ville ; sorti avec une faible escorte, il fut tué d’un coup de lance dans la rue du Bazar. Sa mort fut le signal d’une révolte générale. Les insurgés égorgèrent ensuite plusieurs négocians français établis au Caire, et mariés avec des Arméniennes. Ils se portèrent en foule au Trésor public, dont les braves grenadiers de la 32e demi-brigade défendirent les approches. Le cheik El-Sarah, qui avait paru protéger les Français, fut vêtu de l’habit d’un soldat assassiné ; on lui coupa ensuite la barbe, et on le vendit pour treize piastres au milieu du Bazar. Le chef de brigade Sulkowski, Polonais, aide-de-camp du général en chef, officier de la plus grande espérance, fut tué en défendant l’entrée de la ville aux Arabes qui voulaient pénétrer pour piller et se réunir aux insurgés.

Après l’assassinat du général Dupuis, le canon d’alarme s’était fait entendre ; plusieurs