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rabes errans, vivant dans les déserts sous des tentes, formant une population de cent vingt mille âmes, et pouvant fournir vingt mille cavaliers nomades. Les Arabes errans regardent les déserts comme leurs propriétés ; ils sont riches en bestiaux, chevaux, chameaux et brebis. Ce sont autant de voleurs indépendans de la justice.

À cette époque, la race circassienne, ou des mameloucks, s’élevait à soixante mille individus, dont un sixième environ était armé et formait la milice dominante. Les beys étaient possesseurs de terres dans les provinces, et avaient une habitation au Caire. Ils avaient pour lieutenans des katchefs qui commandaient sous eux la milice, et qui étaient seigneurs de villages.

Quant aux Ottomans établis en Égypte depuis la conquête par Sélim, le nombre ne s’en élevait pas au-delà de deux cent mille, formant le corps des spahis et des janissaires ; mais tous avilis et humiliés par les mameloucks.

Telles étaient les trois races qui occupaient l’Égypte, et qui l’occupent encore ; elles n’ont de commun que la religion ; d’autres principes, d’autres mœurs, et une autre langue les distinguent.