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rets de la ville de Menzaléh. Au même moment les djermes ennemies débouchent derrière les îles, et se portent sur notre flottille. Le jour baissait, et le général Andréossi se trouvait à cinq lieues de Damiette, sur un lac et au milieu de plages inconnues, entre les mains de pilotes effrayés qui, d’après leurs signes, laissaient voir qu’ils craignaient pour leur tête. N’ayant que peu de troupes, le général ordonna qu’on rabattît vers Damiette ; mais les djermes ennemies, faisant route parallèlement à notre flottille, pénétrèrent dans le même canal où nous naviguions, et bientôt nous nous trouvâmes en présence de plus de cent barques armées. Mille cris barbares, poussés avec l’accent de la fureur, se firent entendre ; les Arabes joignirent à ce vacarme effroyable les sons aigus d’instrumens de cuivre, et le bruit de leurs tambourins. À ces démonstrations succède une vive fusillade. Le général, qui avait fait diminuer de voiles, avait réuni ses embarcations en masse, attachées par de bonnes