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de ses dépêches par le canal d’Hassan-Toubar.

Cependant le général en chef jugea bientôt que le cheik de Menzaléh n’avait d’autre but que de rester indépendant, et maître absolu du pays, et qu’il s’opposait autant par la ruse que par la force à ce que nos troupes occupassent paisiblement la province de Mansourah et le lac de Menzaléh. Des mouvemens précurseurs de la révolte du Caire s’étant manifestés dans le Delta, et particulièrement dans les deux provinces de Charqiéh et de Mansourah ; plusieurs colonnes furent mises en mouvement. Hassan-Toubar, de son côté, arma sur-le-champ les pêcheurs du lac de Menzaléh, et, y joignant une foule d’Arabes des deux provinces voisines du lac, s’embarqua aussitôt avec toutes ses troupes à Matariéh à bord de cent cinquante djermes. Un vent favorable le conduisit en moins de quatre heures au village de Castel-Nazaran, à une demi-lieue de Damiette. Là, les Arabes débarquent en désordre, armés de fusils, de lances et de piques, et ils surprennent le général Vial avec la