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Je trouvai à Rosette, ville qui est bien au-dessous de sa réputation, le général Menou, installé en qualité de commandant de la ville et de la division. Il était en traité de pacification et même d’alliance avec quelques chefs de tribus arabes. Il espérait convertir à lui la tribu qui avait si mal reçu le général Damas. L’un des chefs avait déjà fait la paix, et on lui avait assigné un lieu de campement. Il venait prendre les ordres du général Menou ; mais il y avait peu de fond à faire sur ces conversions.

Les dames de Rosette, qui se réunissaient au lieu ordinaire des bains, voyant que leurs maris ne voulaient plus permettre qu’elles allassent en liberté dans la ville comme avant l’arrivée des Français, arrêtèrent qu’elles enverraient une députation au général Menou, pour lui demander qu’il prît des mesures à l’effet de leur faire recouvrer leur liberté. Elles chargèrent les deux plus jolies d’entre elles d’être leur organe, entre autres la fille du baigneur de Rosette, que Menou accueillit par-