Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/144

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


confier le sort de notre escadre à l’ambition d’un homme, si la chose était jugée impossible ? N’était-ce pas pour avoir sujet de faire retomber la responsabilité sur quelque subalterne en cas d’enquête ?

On ne peut se défendre de quelques soupçons, quand on considère que les généraux de la marine, après s’être obliquement opposés à l’entrée dans le port vieux, n’ont pris aucune mesure indiquée par l’art pour s’embosser dans la rade d’Aboukir. Les mesures étaient : I° de mouiller le vaisseau de tête sur les bancs, une ancre d’avant et une d’arrière, l’escadre formant l’angle obtus, la pointe de l’angle ouest, les vaisseaux beauprés sur poupe ; 2° d’établir une batterie de douze pièces de 36 sur l’île, qui aurait défendu la tête de notre ligne ; 3° de serrer tout-à-fait la ligne ; et à cet effet, de placer les vaisseaux le Causse et le Dubois, qui étaient à Alexandrie, par les trois brasses et demie à quatre d’eau ; 4° de compléter les équipages des vaisseaux avec ceux du convoi, devenus