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Quoique bien montés et bien équipés, aux armes à feu près, qu’il leur est difficile de se procurer, ils en viennent rarement à se mesurer avec leurs ennemis. Ils traitent avec les mameloucks, ménagent l’habitant, se servent plutôt de la ruse que de la violence, et ne mettent aucune honte à fuir ; aussi pendant notre trajet vîmes-nous plusieurs fois un seul de nos cavaliers d’escorte en chasser plusieurs devant soi. Ce contraste avec le courage des Bédouins qui avoisinent Alexandrie et Rosette, nous frappa ; là nous les avions vus chercher jusque sous nos fusils un butin douteux.

Le fellah ou laboureur nous parut aussi moins malheureux que ceux des bords du Nil, apparemment parce que les produits de sa culture ne sont pas tous absorbés par le propriétaire qui réside au Caire. Dans notre marche vers cette ville nous n’avions vu que des champs immenses entr’ouverts par des crevasses, et qui, sans enclos comme sans sillons, paraissaient n’avoir été labourés que d’une main indifférente ; la seule crue du Nil les