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a dépassé Souva ; toutes les terres cultivées semblent fuir, et il faut traverser trois lieues de désert jusqu’à Coraïm, à moins d’entreprendre un grand détour. Coraïm est un bois assez spacieux, qui contient huit ou dix hameaux avec leurs jardins. On y qualifie de château un amas de maisons entourées d’une muraille de terre où l’on entre par une porte qui n’a pas même de verroux ; on y attache l’idée de forteresse, parce que des hommes à cheval armés de lances n’osent entreprendre de l’escalader.

Nous avions encore six lieues à faire pour arriver à Saléhiéh. Pendant la moitié de la route nous côtoyâmes quelques villages, mais bientôt nous les quittâmes pour nous enfoncer dans des landes incultes jusqu’à Saléhiéh. C’est un bourg beaucoup plus grand que Coraïm, ou plutôt c’est un bois d’environ deux lieues de long où quelques villages sont enclavés, ainsi qu’une assez belle mosquée bâtie en pierre. Le nom de Saléhiéh dérive du fameux sultan que les auteurs du moyen âge nomment