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Au 8e kilomètre, le Camp Percin ou Camp Décidé.

Il doit cette dénomination aux dispositions qui animèrent ceux qui étaient résolus à le défendre[1]. C’est là que Percin et ses compagnons résistèrent victorieusement à Rochambeau, le 15 avril 1793. Cette terre a été détachée d’une ancienne caféière qui appartenait à Mme Lemaitre veuve de Courjolle et de Ligner, décédée sur la propriété le 24 décembre 1822 et Sidney Daney dit que du chemin de Fort-de-France aux Pitons on en voit encore l’emplacement. Elle figure sur des cartes des environs du Fort Royal et du Fort Bourbon de 1826[1].

Il résulte d’un acte de Me Jouque, notaire à Saint-Pierre, en date du 21 novembre 1856 que M. Oscar Willes a vendu à Mme Courjolle une terre de la contenance de 2 hectares, 58 ares, 52 centiares, borné au nord par la propriété Rosemain Valéry, à l’est par la route coloniale et s’étendant à l’est sur la dite route, de la limite de M. Rosemain Valéry jusqu’à l’endroit où le terrain est escarpé et forme le camp décidé. Elle a été cédée par les héritiers Willes à M. Paul Rémy, le 31 décembre 1903 et par celui-ci à M. Paul Constantin, le 26 septembre 1930.

Au 9e kilomètre, le camp de Balata, 450 mètres d’altitude, fraîcheur printanière. Une commission chargée de désigner l’emplacement d’un camp défensif, de préservation de la fièvre jaune et d’acclimatement estima, en son rapport du 24 mai 1853, que le climat de Balata est supérieur à celui d’autres localités de la colonie situées à pareille hauteur, mais qui ne se trouvent pas dans des conditions aussi heureuses[2].

40 soldats ont occupé cet ancien relais pendant une épidémie de lièvre jaune de 1843 à 1844 et pas un seul n’a été atteint. Il a été dit cependant, dans le mémoire du 15 juin 1853[3] qui relate le renseignement favorable précité que tous les nuages qui suivent la crête du

  1. a et b Histoire de la Martinique, par Sydney Daney, Ch. 29 page 324. Arch. min. Col. n° 605 et 642.
  2. Arch. min. col. n° 1341.
  3. Arch. min. col. n° 1343.