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Comme le marquis d’Éragny, un de leurs prédécesseurs, d’Amblimont et d’Esnotz, moururent de la fièvre jaune et il est écrit dans les Annales de la Martinique, qu’en 1692 à la suite des désastres occasionnés par cette épidémie, une chapelle fut bâtie au Fort Royal, sous l’invocation de Saint Roch, comme préservateur de la peste. Nous ne savons pas où s’est trouvée cette chapelle.

Cornillac ajoute qu’« une bulle du pape Innocent XII institua en même temps à la Martinique, pour obtenir la protection de ce Saint contre la contagion, une confrérie qui fut établie dans l’église de Fort Royal, sous le nom sinistre de la « Mort. » L’original de cette bulle était parmi les documents des R. R. P. P. Capucins du Fort Royal.

À droite et à gauche du porche étaient des maisons habitées attenantes à l’église, servant de boutiques et dont la suppression était projetée en 1836[1].

Après le tremblement de terre du 11 janvier 1839, elle menaçait de s’effondrer. Elle fut condamnée et évacuée en 1841 à cause de son état de vétusté. Les travaux de démolition du portail et du clocher, de la descente des cloches et de leur translation à la chapelle provisoire ont été mis en adjudication le 28 février 1842[2].

L’église a été reconstruite en 1854. Elle était terminée et inaugurée sous l’administration de l’Abbé Rouvier, elle fut détruite encore par l’incendie du 22 juin 1890. Une construction en bois due à la générosité de Mlle Médélice Fournier l’Étang, élevée sur le même terrain, servit d’église provisoire jusqu’au cyclone du 18 août 1891.

L’édifice a été de nouveau reconstruit en 1895 et, cette fois en matériaux lui permettant de résister et aux secousses sismiques et aux incendies, une ossature métallique enchâssant la pierre.

L’architecte a été M. Henri Pick. L’inauguration eut lieu le 2 juillet 1895 par Mgr Carmené, alors évêque du diocèse, en présence notamment de M. Noël Pardon, Gouverneur

  1. Histoire de la paroisse de Fort-de-France, par le P. Janin.
  2. Journal officiel Martinique 16 février 1842