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Un beau boulevard construit en 1935 à l’occasion des fêtes du Tricentenaire sous l’administration du gouverneur Alfassa a empiété sur la mer et a remplacé, du fort Saint-Louis aux bâtiments des douanes et des contributions indirectes, le littoral qu’on appela quai de Leyritz[1], du nom du premier maire de Fort-de-France qui, cent ans déjà passés, avait mis en état cette partie de la Ville, depuis la Savane jusqu’à l’abattoir, (travail si nécessaire en son temps).

À remarquer que le projet d’un large quai le long de la rade des Flamands qui aurait été continué par un pont sur la rivière Levassor, une route rejoignant Bellevue, figurait déjà dans un plan du 1er mai 1826 où l’on peut voir aussi d’autres projets très intéressants conçus par le gouverneur Donzelot[2].

En face de la Savane, la Baie des Flamands, une des plus belles rades des Antilles, qui « réunit jadis toute l’expédition du Mexique et abrita plus anciennement encore, sous sa ceinture de forts et de batteries, les mouvements des flottes françaises de l’ancien régime et de la Révolution[3] ».

Elle portait déjà, au moment de l’attaque de Ruyter, ce nom qui lui a été donné parce que c’est sur le littoral de cette baie que s’établirent en 1654, avec la permission de Duparquet, des Hollandais chassés du Brésil par les Portugais[4].

C’est, dit Louis XVI, dans un mémoire du 7 mars 1777, un des plus beaux ports et des plus sûrs de l’Amérique, les escadres y trouvent un asile assuré et sortent facilement pour tenir la mer autour des îles[5]. De son côté, le marquis de Bouille, dans des instruction et consigne du 31 octobre 1777, relate que le port du Fort Royal est « destiné

  1. Arrêté du 2 août 1810, B. O. Martinique, année 1840, page 310.
  2. Arch. minist. col. n° 659.
  3. Annuaire de la Martinique, 1931, page 100.
  4. Bulletin pour servir à l’histoire de la Martinique : « La baie des Flamands », par Théodore Baude, page 1.
  5. Code de la Martinique, tome 3, page 283.