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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/393

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BOCQUET.

Tenez, Madame, à deux cents mètres à peu près… à droite, au bout du village. Je vais vous indiquer… Une fois sortie, vous tournerez à droite… Vous serez à Morlaix dans une heure… Vous aurez une vingtaine de minutes à attendre le train de nuit, pas plus.


FRÉDÉRIQUE.

Merci, Monsieur.


BOCQUET.

J’ai laissé la porte d’entrée ouverte… Ne la refermez pas, c’est inutile.


FRÉDÉRIQUE.

Et je vous recommande bien… de la douceur, beaucoup de précaution !…


BOCQUET.

Et de la fermeté.


FRÉDÉRIQUE.

Aussi, Monsieur, aussi !… C’est cela ! (Elle va partir. Elle jette un dernier coup d’oeil vers la porte par où est sorti Julien. Son regard en passant se pose sur le vase de fleurs. Elle hésite à cause de la présence du père, puis tout de même elle cède à la tentation qui vient de l’effleurer. Elle prend les roses dans ses bras et les dépose sur le lit. Elle ne les éparpille pas. Elle les dépose presque pieusement comme sur un lit mortuaire. Cela fait, voûtée par les sanglots, elle monte les marches et entr’ouvre la porte. Du haut de l’escalier, elle se retourne vers Bocquet.) Vous lui répéterez textuellement ceci, retenez-le : « Elle m’a dit de te dire qu’il faut que tu aies beaucoup de courage, afin d’être un jour heu-