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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/364

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FRÉDÉRIQUE.

C’est fini, tout s’est écroulé !… J’étouffe !… J’ai mal… J’ai mal !…

(Elle essaie de se lever, de marcher, chancelle et s’abat contre un fauteuil, presque sans connaissance.)

JULIEN.

Tiens, regarde la pauvre qui s’évanouit !


ÉVELINE.

Soigne-là à ton aise, ton amour adoré qui défaille… mais soigne-la vite, car dans cinq minutes le mari sera chez nous, et pour ce moment-là il faut que nous ayons retrouvé chacun toutes nos forces ! Soigne-la, toi qui n’as pas eu un mot qui fût pour moi !… Oh ! vous fuir, fuir vos têtes rapprochées, tes yeux de haine… C’est un spectacle insoutenable ! Je ne peux plus ! Je ne peux plus !

(Elle s’enfuit, comme devant une place en feu. Elle disparaît par la salle à manger, et, la porte du fond refermée, on entend encore un instant sa clameur de rage et de douleur.)


Scène XI


JULIEN et FRÉDÉRIQUE, seuls


JULIEN, (frénétique.)

Il le fallait !… Il fallait en finir !…


FRÉDÉRIQUE, (surmonte sa faiblesse.)

Vite ! donnez-moi mon chapeau ! Que je parte. Que je parte tout de suite.