Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/361

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dépit dans un autre amour, comme tu t’étais jeté, sans doute, dans le mariage ! Oh ! la rage, la rage que j’éprouve !… Après tout je serais trop bête de vous abandonner ces papiers. Il me faut le grand jour, maintenant !

(Elle reprend rageusement les lettres sur la table et se dirige vers le rebord de l’armoire.)

JULIEN.

C’est-à-dire ?… Que veux-tu faire ?…


ÉVELINE.

Laisse… Une personne à convoquer. Un coup de téléphone de toute urgence à donner… J’appelle, entre nous et sur nous, la lumière, toute la lumière !…


JULIEN.

Éveline… prends garde… Prends bien garde ! Ah ! si par hasard tu projetais cette cruauté…


ÉVELINE, (à l’appareil.)

Passy 42-60… donnez-moi le Passy 42-60 !


FRÉDÉRIQUE, (éperdue.)

Oh ! pas cela !… Oh ! je vous en supplie, ne faites pas cela ! Ce serait trop afîreux !… Ayez pitié de moi…

(Julien se précipite. Elle met le récepteur derrière son dos et le défie du regard.)

ÉVELINE.

À quoi bon ? Même si tu m’empêches présentement, tu n’auras fait que reculer l’échéance, tu le sais bien.