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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/36

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l’intéresser à ces matières, la protéger ? Tu l’as encouragée.


MARCELLE.

J’assume ma part de responsabilité… Il y a maldonne, voilà tout…


MADAME BOUGUET.

Elle avait une âme d’institutrice allemande. Elle restera puérile… C’est une femme-enfant.


MARCELLE.

C’est une femme, un point, c’est tout. Être une femme, ce n’est pas donné à tout le monde, sais-tu bien ?


MADAME BOUGUET.

Ah bah ?


MARCELLE.

Être une femme, c’est un don, une qualité spéciale.


MADAME BOUGUET.

Tu en as de bonnes ! Et tu dis cela en me jetant un regard de mépris supérieur !… C’est bien de ton âge… Morveuse ! Allez… au cours ! Enfile l’escalier !


MARCELLE.

Je n’ai pas dit quelque chose d’extraordinaire… Tu n’es pas une femme, maman.


MADAME BOUGUET.

Merci pour ta mère…


MARCELLE.

Heureusement !… Tu es un être à part, une espèce de sainte laïque, un cerveau exceptionnel, que je vénère, que nous vénérons tous, mais, enfin, à force de vivre dans les idées démonstratives et dans les recherches, il y a mille choses de la vie courante qui t’échappent… C’est du reste très