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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/352

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mon oreille ?… « Vous avez chez vous l’hypocrite, la pire des hypocrites, celle qui, sous des dehors de vertu austère, est, depuis six ans, la maîtresse du mari, l’éminence grise du foyer !… »


FRÉDÉRIQUE.

Mais vous ne croyez pas une si misérable calomnie ?


ÉVELINE.

Savez-vous ce que j’ai répondu à cette femme : « Jamais, jamais !… Vous pouvez me faire douter de mon mari, vous me feriez douter de moi-même à la rigueur, pas de celle-là !… » Allons-y…

(Elle décachète la lettre et se met à la lire.)

JULIEN, (près d’elle, et à deux doigts de lui arracher la lettre.)

Tu es libre de tes actes… Évidemment, tu peux te repaître de cette infâme écriture, mais je te supplie d’achever le mouvement spontané que tu viens d’avoir, le mouvement de négation. Achève ta révolte, déchire tout !… Si tu savais ce que cette misérable a comploté contre toi…


ÉVELINE, (lisant.)

C’est net !… C’est très net !… Oh !…


FRÉDÉRIQUE, (s’adressant à tous les deux, avec une hauteur qui dissimule mal la terrible angoisse.)

Mais qu’y a-t-il dans cette lettre, que je ne connais pas ? J’ai le droit de savoir !… Qu’y a-t-il, qui abuse de moi à ce point ? Qu’on me le dise, à la fin, je l’exige !


JULIEN, (vivement.)

Je devine à peu près ce que doit contenir cette