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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/347

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amas de mensonges, de perfidies abominables !… Vous ne savez pas ce dont ces femmes sont capables, lorsqu’elles se vengent ! Que de foyers ont été détruits par elles !


ÉVELINE.

Oh ! je ne me laisserai pas égarer. Je distinguerai la part des vérités et la part des mensonges… Malgré tout, j’espère encore !… Oui, j’ai un fond d’espoir !… Elle mentait tellement… puisqu’elle allait jusqu’à clamer que nous vivions de votre argent !… Comme ça nous ressemble, n’est-ce pas ?… C’est trop bête !… Vous accuser, vous ! Je l’aurais griffée ! Je…

(Julien entre lentement et referme la porte derrière lui. Un silence immédiat s’établit, terrible. Éveline s’est levée, sans regarder Julien. Frédérique aussi a un mouvement d’écart.)


Scène X


Les Mêmes, JULIEN


JULIEN, (s’avance dans le silence, puis gravement.)

Éveline, maintenant que cette femme est partie, et pour jamais, je te dois une franchise que j’aurais voulu peut-être t’épargner ; je ne crois pas qu’il faille, devant l’infamie à laquelle tu as été mêlée, essayer d’atténuer ma responsabilité par des équivoques et des mensonges… à quoi bon !… J’ai à m’accuser et je m’accuse… (Il fait un grand geste résolu.) Je vais te dire quand j’ai connu cette femme… et dans quelles circons-