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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/328

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le frère… Oui, il était là aussi… Il attendait son frère… Il m’a conduit jusqu’à son hôtel et je ne pouvais pas refuser à déjeuner… Je suis abruti !… Je n’ai même pas pris mon café.


ÉVELINE.

Oh ! Tu n’as pas pris ton café ?… C’est indigne ! Une maison où on n’offre pas le café !… Ces Lehmann, voyez-moi ça ! Quels pignoufs ! J’espère qu’il en reste une tasse.


MERCEREAU.

Allons ! on va te servir, grand homme !… Un café pour Monsieur, un ! Tiens, ça me rappelle l’atelier… les déjeuners au « Vieux Satyre » ! Tu étais déjà le beau Julien, mais tu n’avais tout de même pas alors cette belle prestance, ce chic, ni une jaquette aussi bien coupée !…


JULIEN.

Du café, mon vieux, du café !

(Éveline est allée chercher le café dans la salle à manger, suivie de Mercereau.)

FRÉDÉRIQUE, (rangeant la table et bas à Julien.)

Beaucoup de mensonges, trop !… Une autre qu’elle eût déjà compris !


JULIEN, (exalté.)

Regardez-moi, Frédérique… Savez-vous ce que je viens de faire ? Je viens d’épurer ma vie ! Je m’étais donné ce jour comme le dernier de ma lâcheté ! J’ai été féroce, cruel, mais cela ne m’a rien coûté !… En sortant, je sifflais de joie !… Ouf !… C’est fini !… fini !… Je suis plus léger.


FRÉDÉRIQUE, (les yeux baissés.)

Tant mieux, Julien, si vous devenez un honnête homme !… Tant mieux si vous retournez à