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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/268

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Scène II


MADAME DESROYER, MADAME BOCQUET, BOCQUET


MADAME DESROYER, (rapide, debout, et sans les inviter à s’asseoir.)

Madame… Monsieur… Vous êtes étonnés de vous trouver en ma présence quand vous vous attendiez à celle de Madame Ulric ? Elle ne peut pas vous recevoir.


MADAME BOCQUET.

Cela m’étonne, en effet, Madame. C’est elle-même qui nous avait donné ce rendez-vous.


MADAME DESROYER.

Oui, eh bien, elle s’est ravisée. Et d’ailleurs, elle est souffrante.


MADAME BOCQUET, (présentant du geste.)

Mais, avant tout, je ne crois pas que vous connaissiez mon mari.


BOCQUET, (s’avance.)

Si je me suis permis d’accompagner ma femme, c’est que nous désirons un entretien particulier avec Madame Ulric… de la plus haute importance, croyez-le… sans cela je ne serais pas aux côtés de ma femme.


MADAME DESROYER.

Je doute que ce qui vient de vous puisse avoir une importance quelconque aux yeux de ma fille… Et, d’abord, elle ne vous connaît pas, Monsieur ! D’autre part, je crois bien que, depuis quatre ans, elle n’a pas eu l’occasion de revoir Madame : elle n’éprouverait, je m’empresse de vous le dire,