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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/251

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MADAME DESROYER.

Je n’ai besoin de personne, je suis déjà assez grande pour y aller toute seule.


FRÉDÉRIQUE.

Restez avec moi, Madame Bocquet, je serai heureuse de faire plus ample connaissance avec vous.


JULIEN, (vivement.)

Mère, peut-être préférez-vous descendre à la pièce d’eau… Les carpes, c’est très intéressant.


FRÉDÉRIQUE.

Puisque j’ai prié Madame votre mère de me tenir compagnie, laissez-la-moi.


MADAME DESROYER.

Ma canne, mais pas votre bras, jeune homme, à moins que vous n’ayez besoin du mien…


JULIEN, (se retournant, à sa mère.)

Comme Madame Desroyer est alerte !


MADAME BOCQUET.

Elle est bien cons…


MADAME DESROYER, (riant.)

Allez, ne vous arrêtez pas… conservée… Vous comprenez qu’on me l’a déjà dit tant de fois ! Je me fais l’effet de ces pâtés que, tous les soirs, on recouche dans leurs serviettes. On regarde à chaque repas s’ils iront jusqu’au lendemain et, à la fin de la semaine, on en fait cadeau à l’office.


JULIEN.

Voici votre canne. (Il va chercher la canne et en profite pour dire bas à sa mère.) Tâche surtout de tenir ta langue.

(Quand il parle à sa mère, le ton est plus commun.)