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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/220

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exécutés en un mois et demi, juste ! C’est formidable !… et avec une main-d’œuvre de paysans.


FRÉDÉRIQUE.

Ma sœur aussi a travaillé à la truelle.


LA SŒUR.

On s’est amusé comme des fous.


JULIEN.

Tenez, c’est la sœur elle-même qui a tourné la statue de « Bacchus ». Elle n’a pas voulu que sa face regardât le château, elle l’a tournée vers la porte de la forêt.


MONSIEUR DE VILLEDIEU.

C’est beaucoup plus inconvenant… Ce qu’il nous montre maintenant, le petit Bacchus, quand on débouche de l’allée du château !


MADAME DESROYER.

C’est vrai ? Attendez donc, passez-moi mes lunettes… je ne l’ai jamais bien examiné, ce gamin-là. Il est d’ailleurs fort bien bâti…

(Les domestiques apportent les tables et un petit hamac.)

FRÉDÉRIQUE, (prenant le hamac et parlant à Monsieur de Villedieu.)

Et voyez, ma fille est tellement capricieuse qu’elle a voulu qu’on lui plaçât son hamac entre deux colonnes, comme si les vignes et les glycines avaient eu le temps de pousser déjà et de faire de l’ombre !


JULIEN.

Oh ! cela ira très vite. Dans six ou sept ans, vous pouvez compter avoir une légère ombre en haut des colonnes.