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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/193

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te fait pas trop mal ?… Reste bien étendu… mon chéri…

(Elle l’embrasse doucement sur le front et sort en lui dissimulant un visage d’énergie navrée.)


Scène XI


BOUGUET, puis EDWIGE

(Laurent, resté seul, ne bouge pas, la tête sur l’oreiller qu’on lui a placé tout à l’heure sous la nuque. Bruit de porte discret. Edwige vient d’entrer. Le canapé est placé de façon que Bouguet ne peut pas voir entrer.)

BOUGUET.

C’est vous, Edwige ?… Enfin !… Je craignais tant de ne pas vous revoir… !


EDWIGE, (accourant.)

Blessé !… Vous êtes blessé !… Pas grièvement, n’est-ce pas ?… On m’a dit que ce ne serait rien !… Oh ! comme c’est bon à vous d’avoir permis que je vienne !… Quand on m’a apporté ce mot, j’ai frémi… j’ai cru à une catastrophe ! Mais, mon Dieu, tout de même, après ces huit jours, vous revoir ainsi tout à coup, la tête en arrière, quelle abomination !… Oh ! tout ce qui est arrivé, par ma faute, par ma faute !…

(Elle parle, incohérente, affolée.)

BOUGUET.

Je redoutais cette explosion. Sois maîtresse de toi ; je ne peux parler qu’à voix très mesurée… avec des mots brefs… Surmonte tes nerfs ! Et écoute… Nous ne disposons que de deux minutes, pas plus !…