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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/186

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livrerai à vous, mais y eût-il une chance sur mille que des complications se produisent, il faut que je le sache.


PRAVIELLE, (s’asseyant près de lui.)

Il n’en est pas question.


BOUGUET.

La vérité… vous entendez bien ! J’ai absolument besoin de la connaître. Je suis épouvanté en pensant à la situation effroyable que je laisserais derrière moi, s’il m’advenait de disparaître avant d’avoir pu dicter mes volontés. Cet institut a été toute ma vie… je veux en régler la destinée, l’avenir… non, non, laissez-moi parler… Et puis, la dignité de mon nom compromis… ma femme et ma fille… Ce serait lamentable !… Et ce sont là des dispositions, hélas ! que je ne peux écrire !… Mon devoir suprême, même avant de penser à ma sauvegarde, est de laisser debout un édifice qui a fait tout mon effort et qui pourrait s’effondrer dans une faillite sans nom ! Maintenant, allez-y !


PRAVIELLE.

Je vous ai laissé m’exposer tous vos scrupules, mon cher ami. Si vous étiez en danger, je ne manquerais pas de vous le dire, je vous le promets. Je connais la situation à laquelle vous faites allusion et je m’inclinerais devant votre grave volonté.


BOUGUET.

Alors, mon cas…


PRAVIELLE.

Pour l’instant, le diagnostic me paraît bien déterminé. La balle peut être logée à proximité du poumon, mais le poumon n’est sûrement pas touché. Je vous ai observé tout le long du trajet