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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/172

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partis maintenant… On s’en donne à cœur joie !… Voyez les manchettes !… (Elle montre un journal.) Notre vie privée étalée mensongèrement, avec des doigts haineux et salisseurs !… La curée !… Ça donne le frisson !…


HERNERT.

Pourquoi la ramassez-vous, cette fange de rue et de salle de rédaction ?


MADAME BOUGUET.

Je ne la ramasse pas, vous êtes bon ! Je la reçois… Et vous avez lu dans certains journaux des insinuations abominables sur ma propre personne ?


HERNERT.

Je ne veux pas prendre connaissance de ces bassesses… La seule chose qui me peine, c’est le fait qu’un homme de science comme Blondel en soit descendu là !


MADAME BOUGUET.

Oui, c’était là notre ami !… Et croyez-vous qu’il s’est encore trouvé des gens, des collègues notamment, qui voulaient forcer Laurent à demander une réparation par les armes à son ancien ami… C’eût été complet !… Je m’y suis opposée de toutes mes forces… J’ai senti qu’il allait céder à ces conseils perfides. Nous nous y sommes opposées toutes les deux, n’est-ce pas, Marcelle ?


MARCELLE.

Et nous voilà tranquilles, maintenant,


MADAME BOUGUET.

Il n’aurait plus manqué que cela !… N’est-ce pas que j’ai bien fait ? Vous m’approuvez, vous, Monsieur Hernert ?