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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/162

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froyable cette sensation que de là… à droite… à gauche… Où est-il ?… Qu’est-ce qu’il faut que nous fassions ?


BOUGUET.

Attendre. Demeurer. (Il se recule et du geste indique le champ désormais de la séparation.) Écartez-vous ! S’il vient, qu’il ne nous trouve pas dans l’attitude de deux complices qui se parlent à voix basse. Nous sommes à jamais séparés. Restez-là, dans la seule attitude qui convienne : celle du silence et de l’acceptation.


EDWIGE.
(Elle s’arc-boute contre le banc à droite. Elle a tout à coup une exclamation comme si elle avait entendu quelque chose près d’elle.)

Là… là… par là… (Nouveau silence.) Non, je me suis trompée ! Ah ! le voilà !


BLONDEL, (accourt tenant quelque chose d’enveloppé sous son aisselle.)

Sais-tu ce que je tiens là ? Mais tu l’apprendras tout à l’heure ! Peu de chose, en vérité ! Auparavant, il faut que je t’annonce ce qui t’attend…


EDWIGE.

Prenez garde… quelqu’un… quelqu’un à droite… peut-être un étranger, un invité qui sera resté…


BLONDEL.

Tout le monde peut venir ! Tout le monde doit entendre. Demain, il y aura bien assez de public !… Demain, il y aura la foule pour juger !… Tout Paris saura ce qu’était l’illustre Bouguet, le grand savant… lauré de tous les triomphes !…


EDWIGE.

Qui est là ?