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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/107

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EDWIGE.

J’ai besoin de m’étendre, de respirer.


BLONDEL.

Demeure un peu dehors. Moi, ma présence est indispensable. Il faut encore que je serre une vingtaine de mains… J’espère que tout le monde va d’ailleurs s’éloigner. (À ce moment, sur les marches de l’orangerie, apparaissent Bouguet et sa femme. Ils descendent, ils ont l’air de chercher l’ombre. Blondel, bas à sa femme.) Chut ! regarde !… Comme leur joie éclate sur leur visage à tous deux.


EDWIGE, (s’asseyant sur un rocking, et se dissimulant derrière le gros tilleul.)

À lui surtout.

(À ce moment, discrètement, et, masquée par un pilier des arcades de l’orangerie, Madame Bouguet met ses bras autour du cou de son mari.)

MADAME BOUGUET.

Je ne t’avais pas encore embrassé. Ils s’étreignent. Après quoi, gênés un peu de leur effusion, ils retournent dans la salle.


BLONDEL, (bas à sa femme.)

Tu ne trouves pas ce baiser très émouvant ?


EDWIGE, (en les regardant s’éloigner.)

Admirable ! Admirable… C’est beau comme l’antique !


BLONDEL, (bas.)

Comme il a dû être doux et plein de paix, ce baiser-là ! Mais je ne l’envie pas tout de même. C’est le baiser des noces d’argent…


EDWIGE.

Ils ont senti leur amour ce soir…