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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/89

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LEPAGE.

Et se flanquer la tête en bas de l’escalier… avec tout le rocher de l’amour-propre sur la poitrine !


THYRA.

Exécrable docteur !… Mauvais docteur, tenez… Mauvais !…

(Elle mord son mouchoir.)

LEPAGE.

Vous me faites rouler, décidément !


THYRA.

Il n’y a pas de quoi !


LEPAGE.

Ah ! pourvu que le dénommé Amour ne vous joue pas un vilain tour et ne vous détourne pas de la voie ! Je sais ce qui vous tarabuste. L’Amour s’est emparé de la Vierge… Vous allez épouser votre prince romain et vous sentez que nous n’êtes pas mûre pour les fortes œuvres… Vous voilà démoralisée… Sacré outil, va ! Je parle de votre fiancé… Je ne vous fâche pas ?


THYRA.

De vous rien ne me fâche.


LEPAGE.

Il ne faut pas que l’amour vous détourne de la vocation… Fourrez-vous-en jusque-là du travail ! et du travail d’école !… Apprenez !… Qu’est-ce que c’est que cinq ans encore ? Je vous le demande un peu… Moi, je m’en suis enfilé des cinq ans, comme une douzaine de pernods…