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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/37

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Également, je croyais avoir assez témoigné d’expérience théâtrale pour qu’il me fût permis, sans avoir l’air pour cela de m’être trompé, d’écrire une pièce dialoguée, s’écartant de la formule ou du moule habituels… Du tout ! Les férules sont toujours là pour nous accuser d’ignorance ou d’erreur, comme au collège !… Les lois du théâtre, monsieur, après les lois de la morale ! disent les gens qui ne sont ni des auteurs dramatiques, ni des moralistes, bien entendu !… J’ai voulu, une fois, et parce que le sujet s’y prêtait, délaisser la pièce bien faite, bien construite, soumise à des lois réelles dont je ne nie pas la suprématie, mais que je crus pouvoir momentanément oublier pour me borner à écrire une sorte de dialogue philosophique, ou plutôt de soliloque enfiévré, chez un personnage que la proximité de la tombe rend lyrique, tumultueux et abondant.

J’ai encore, le sentiment de n’avoir commis aucun crime.

Il en sera peut-être du Phalène comme il en a été de mes autres pièces. L’Enchantement, Maman Colibri, la Marche Nuptiale, Poliche, suscitèrent les objections ou les oppositions les plus sérieuses, les plus furibondes, à leurs premières « générales »… Or en ces trois dernières années, les œuvres que je cite ont été reprises, et, à leurs nouvelles « générales », les objections sont tombées. Lequel l’emporte en raison du premier jugement ou du dernier ? Ce n’est pas à moi de conclure…

Je ne témoigne à la presse, en écrivant ces lignes, aucune ingratitude.

Je me souviens avec une reconnaissance attendrie de certains enthousiasmes, de quelques mains tendues et je n’ai pas de peine à me rappeler les noms aimés — assez rares, à vrai dire, —