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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/263

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peur de ne pouvoir supporter l’émotion de le voir entrer tout à coup… ici… sans être prévenue.


ALLÉGRA.

Eh bien, veux-tu que je te prévienne dès qu’il arrivera ?


THYRA.

C’est justement ce que j’allais te demander. J’ai tout préparé, son entrée, les paroles que je dirai, les gestes que je ferai…


ALLÉGRA.

Ma pauvre Thyra ! Tu as l’air, ce soir, à bout de souffle et de force.


THYRA.

Non, non, ne me plains pas !… Tu vas guetter à la porte, en bas.


ALLÉGRA.

Mais oui.


THYRA.

Tiens ! un signal… Dès que tu entendras la voiture s’arrêter sous la porte cochère, tourne le bouton qui éteint la galerie… Quand je verrai l’obscurité se faire dans la galerie, je comprendrai qu’il est là… qu’il monte… qu’il…


ALLÉGRA.

Convenu.


THYRA.

Va vite, ma chérie !… Mon espoir n’est plus que là !… Tu ne peux pas savoir ce qui est attaché à cette venue ou à ce refus !… En sortant, veux-tu faire signe à Osterwood d’approcher ? (Allégra rit.) Ne ris pas, c’est si triste tout cela ! (En s’en allant, elle touche Osterwood à l’épaule, qui comprend, se détache du groupe et s’approche de Thyra.)