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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/258

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bébête comme tous les jeunes gens qui se découvrent…


CORNEAU.

On n’est pas plus aimable !… Si c’est pour cela que vous m’avez pris dans un coin, je me console en disant : que vont prendre les autres ?


THYRA.

Vous savez que vous êtes insupportable, je ne vous révèle rien !… Or, vous rappelez-vous que nous avons passé cinq à six jours ensemble au château du Plessis, chez Madame de Caussay, dans l’Oise ?…


CORNEAU.

Oui, certainement !


THYRA.

Vous étiez bruyant, et tout le monde admirait d’ailleurs votre jeune génie.


CORNEAU.

Et même il me semble bien me rappeler, en effet, que je ne vous étais pas très sympathique.


THYRA.

Un soir, vers les six heures, vous étiez probablement fatigué d’avoir trop parlé, de vous être trop produit, d’avoir lancé trop de balles de tennis, trop de mots cruels et, comme un enfant qui s’est enivré, dans un réduit, à droite, près de l’escalier du château, vous vous étiez endormi tout bonnement, tout simplement… Votre visage ne portait plus la trace d’aucun effort, vous aviez retrouvé, dans le sommeil, la grâce de l’enfance, toute la simplicité, la pureté de la jeunesse. Vous aviez l’air d’un page endormi… vous respiriez avec de bons gros soupirs, un livre à la main, la tête