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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/234

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(Philippe disparaît en courant pendant que Lignières s’adresse à lui et lui dit de loin : « Je la ramène… Ne craignez rien. » Thyra en profite pour s’élancer à travers les rochers et, comme on entend en bas : « Eh ! Hop ! Eh ! Hop ! », elle crie à son tour, du haut d’un rocher.) Philippe ! Reviens, Philippe… ne me défie pas…

(Elle reste penchée en avant, presque suspendue au-dessus de l’abîme. À cet instant, Madame de Marliew surgit derrière les amandiers.)


Scène VIII


THYRA, LIGNIÈRES, MADAME DE MARLIEW


MADAME DE MARLIEW, (à Lignières.)

Monsieur, Monsieur, je vous en prie… je ne sais pas ce qu’elle est capable de faire ! Thyra, regarde-moi ! (Lignières s’est élancé.) je t’en supplie… je suis restée… j’avais peur… Écoute, tu n’es pas raisonnable, vraiment… Ne me fais pas de chagrin… Il ne faut pas me faire de chagrin, ni jouer à m’effrayer… je suis si vieille maintenant. Ne te penche pas ainsi !… Mon Dieu, je ne sais plus ce que je dis !… (À ce moment, Lignières a tiré brusquement Thyra en arrière, il la maintient dans ses bras, presque en la portant, et la ramène au premier plan. Madame de Marliew saisit les mains de Thyra et l’embrasse. Thyra est immobile, raidie. Quand Lignières desserre son étreinte, elle s’appuie à la vieille ruine tombale, où elle avait voulu faire s’allonger le chien. Madame de Marliew, bas, à Lignières.) Merci, Monsieur. Laissez-nous seules, je la reconduirai.


LIGNIÈRES, (bas.)

Mais comment ferez-vous ? Sera-t-elle en état ?