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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/186

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fier Son Altesse… Son Altesse a été véritablement navrée, pas scandalisée, grand Dieu ! elle est au-dessus de tout cela !… mais Son Altesse m’a demandé mille détails sur cette liaison… j’étais ma foi très embarrassée ! Monsieur Lignières s’est esquivé, je ne sais pourquoi ; il avait couru comme un zèbre, à terre, soi disant pour acheter des bijoux palermitains et c’est moi qui ai eu à fournir des détails sur une rupture dont j’ignore la cause : la princesse paraissait très attristée, elle m’a dit : « Je veux les voir tout de même. Il faut que je leur parle, que je fasse ce mariage. Ce sera une bonne œuvre. »


MADAME DE MARLIEW.

Elle aura quelque mal !


LA COMTESSE.

Dites-moi ? mais que s’est-il passé au juste ? Puisque nous nous décidons à en parler ! Oh ! le vilain homme ! je l’ai en horreur !


MADAME DE MARLIEW.

Que voulez-vous ? C’est un deuil moral que je traîne depuis bientôt deux années !


LA COMTESSE.

Mais c’est lui qui s’est récusé… ou elle ? Lui évidemment ?


MADAME DE MARLIEW.

Tous les deux. Ils ont préféré cet état de choses, la vie en dehors de la société… J’ai été débordée par ma fille… ils ne sont pas commodes tous les deux… impératifs… violents… C’est qu’on mène une vie bizarre et bien affolante à leurs côtés ! Vous avez vu ces esclaves, ces femmes à