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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/115

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que tout ce que je vous dis est mûrement réfléchi et ressemble à la vérité comme… la vérité à elle-même.

(Elle lui prend la main et joue avec le gant.)

LE PRINCE.

Mais voilà déjà un début qui prouve que vous n’improvisez pas !


THYRA.

Ce n’est, en effet, ni une fantaisie, ni un caprice. J’ai très réfléchi. (D’une voix faible et craintive.) Il faut que nous restions des amis… Nous resterons de bons amis, mais nous ne devons pas nous épouser… Je ne veux pas de mari… Je désire demeurer libre…

(Il se retourne vers elle et reste un grand moment à la regarder.)

LE PRINCE.

Permettez-moi de ne pas prendre au sérieux cette boutade.


THYRA.

Vous auriez tort. Vous feriez fausse route.


LE PRINCE.

Allons, Thyra, vous ne vous rendez pas bien compte de ce que vous dites, de l’effet sur moi d’une pareille plaisanterie !


THYRA.

Je sais que vous m’aimez beaucoup, mais ma décision est irrévocable.


LE PRINCE, (sans y ajouter foi.)

Je cherche ce qui peut vous effaroucher. Ce ne sont pas les objections de famille ! Vous ne vous