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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/113

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LE PRINCE.

Parce que j’ai visité des magasins pour notre installation future. J’ai été voir de vieilles choses, de vieilles choses asiatiques dont je vous ferai la surprise, vous verrez ! Je crois que votre chambre à coucher vous plaira. Il y a une équipe d’ouvriers en ce moment-ci dans la vieille demeure de famille à Rome. À ce propos, ma tendresse, j’ai reçu encore un abatage du cardinal. J’ai oublié de vous apporter la lettre. C’est à mourir de rire ! Décidément, nous nous marierons sans la bénédiction du pape. Il faudra vous en passer.


THYRA.

Il y a beaucoup d’obstacles à notre mariage, beaucoup… Ce breuvage est trop tiède… Voulez-vous de la glace ?


LE PRINCE, (riant.)

Non, merci. Soufflez dessus, voulez-vous ? (Il lui tend la tasse. Elle souffle.) Vous êtes jolie ainsi. Avez-vous bien travaillé hier et aujourd’hui ? je croyais vous trouver en séance.


THYRA.

Non, j’ai renvoyé le modèle. Ça ne marchait pas très bien. Je pensais à autre chose.


LE PRINCE.

Eh bien, moi de même, moi qui ne travaille pas, moi, le fieffé paresseux, l’acte de manger, aujourd’hui, de parler, a été tellement oiseux que je crois bien que je n’ai pu m’y résoudre… J’étais heureux à ce déjeuner, j’étais heureux à cette exposition, mais je pensais à tout autre chose… Je me sentais ici… Connaissez-vous,